Témoignage d’un citoyen sahraoui
07/04/2007 | Témoignage
Nom complet : Seif Eddine Ould Omar SAMAN
Date de naissance : 1991
Niveau d’étude : élève en deuxième année préparatoire
Date d’agression : 03 avril 2007, vers 17 :00 GMT
J’étais avec mon ami, Mohamed Ould Sidi Youssef, né en 1994, et connu sous le surnom « Moulay », lorsqu’une voiture transportant quatre agents de police en civil, s’est arrêté au quartier l’Erac. Ces agents nous ont demandé nos noms et que nous les leur avons donné, l’un d’eux a dit : « vous êtes ceux que nous recherchions ». Ils nous ont obligé à monter dans leur voiture et ont commencé à sentir nos mains et ils ont dit : « il y a une odeur d’essence dans vos mains ». Ils ont alors commencé à nos battre et à nous tirer par les cheveux.
Quand nous sommes arrivés au centre de police situé au quartier 24 novembre, ils m’ont fait entrer dans une chambre alors que mon ami a été conduit dans un autre bureau. Un agent de police disait : « ce jeune homme va tout avouer » (il parait de mon ami Mohamed). Quand je suis entré dans la chambre j’ai trouver un drap que j’ai pris pour m’asseoir dessus. Mais un agent de police m’a ordonné de laisser le drap et de m’asseoir sur le sol.
Une demi heure après, un agent de police est entré dans la chambre et m’a demandé de le suivre dans une autre chambre et m’a demandé de m’asseoir sur le sol. Il m’a ensuite enlevé ma ceinture et m’a dit : « cette ceinture est celle du Polisario ». je lui ai répondu qu’il est écrit dessus « Brésil » et que je l’ai acheté au marché de Rhaiba, à El-Ayone. Il a alors fouillé mes poches et a trouvé 10 centimes qu’il a pris avec lui.
Un autre agent a pris ma ceinture et a commencé à me frapper avec et m’a demandé de lever mes mains et de rester debout sur un seul pied. Il m’a alors frappé sur mon pied et m’a fait tombé par terre. Un moment après un autre agent est entré dans la chambre et a commencé à ma donner des coups de pieds et ma d’a dit : « toi tu es un vandale ». Après un autre est entré et a commencé à me frapper avec un tuyau en plastique. Celui-ci m’a demandé s’ils m’ont pris une photo. Quand je lui ai répondu que non et il m’a demandé de d’attendre.
Un moment plus tard, j’ai été conduit vers le lieu d’interrogatoire où j’ai trouvé les quatre agents qui m’ont arrêté et un cinquième qui était assis sur le bureau. Un d’eux s’est approché de moi et criant et me demandant d’avouer la vérité. Il a commencé à me donner des coups de pieds alors que je suis terrifié. Un autre lui a demandé de ne pas me frapper. Ils ont alors continuer à changer les rôles, un me frappe et l’autre lui demande de ne pas faire. Il m’ont alors interrogé sur qui écrit et dessine les drapeaux du Polisario sur les murs. Ils m’ont aussi dit que mon ami, Mohamed, a avoué que j’étais avec lui. En ce moment, le dénommé « Brahim », a pris le battons d’une balaie et m’a dit : « je vais te faire asseoir sur ceci, enlève ton pantalon ». Il a alors commencé à m’enlever mon pantalon. Un autre lui a dit : «laisses le, il l’enlèvera lui-même ». Je répondait : « non je ne veux pas enlever mon pantalon ». J’ai été tellement terrifié et j’ai serré mon pantalon avec mes mains alors qu’ils me battaient.
Plus tard, ils ont pris nos informations personnelles et nous ont pris aussi des photos. Ils nous ont dit : «allez raconter ce que nous vous avons dit aux activistes des droits humains et la prochaine fois nous pisserons sur vous ». un agent est venu avec un drapeau marocain et m’a demandé de l’embrasser et de chanter l’hymne national marocain. Quand je lui ai répondu que je ne connais pas l’hymne national marocain, il s’est mis à me donner des coups pieds en me disant : « pourquoi tu ne l’a pas appris ? ». Un autre m’a giflé.
En fin, ils nous ont demandé où nous avions trouvé les drapeaux qu’il trouvé sur Mohamed (Mouay), et qui les dessine. J’ai répondu que ne je nais rien alors que Mohamed leur a dit que c’était lui qui dessinait les drapeaux. Il m’ont alors demandé si c’était moi qui avait accroché un drapeau. J’ai répondu : non. Un agent m’a frappé et m’a demandé d’avouer. Alors j’ai répondu : oui, et ils m’ont laissé. Un autre a dit : « Mohamed, toi et Seif, nous allons vous envoyer vers le Polisario.». Mohamed leur a dit : « c’est très bien, envoyer nous alors ». le policier lui a dit : « ne soit pas heureux. Nous n’allons pas vous envoyer au Polisario, mais la troisième fois (car c’était notre deuxième arrestation), nous vous enlèverons vos vêtements et nous vous accrocherons et mettrons en dessous de vous pieds une plaque avec plein de clous et nous vous jetterons sur cette plaque de temps à autre jusqu’à ce que vous connaissez la vraie torture.
Nous avons été relâché vers minuit et demi.
* Mohamed (Moulay) a avoué la présence du citoyen sahraoui, Hamza, né en 1992, dans le centre de police, et qui portait un habit militaire qui a été arrêté et torturé pour cette raison
