Témoignage de défenseur de droits humain Hassanna Douihi
11/11/2009 | Témoignage
Nom : Hassan
Prénom : duihi
El Aaiun Sahara occidental
le 10/11/2009
TEMOIGNAGE
Mercredi 10 novembre 2009, vers 20h, et seulement une demi heure après l’arrivée chez moi de deux amis et invités, deux observateurs internationaux, Mme Dolores Travieso Dorias et M Luis Mangrané, j’ai été surpris par l’arrivée à mon domicile de 6 policiers habillés en civil.
Ce groupe de policiers se composait d’agents du service de renseignement général (RG) sous les ordres de M Abdelhak Rabii et d’un groupe du service de la direction de la surveillance territoriale (DST) sous les ordres de Said.
Rabii m’a demandé si j’avais chez moi des étrangers, et quand j’ai répondu oui, il m’a demandé de les faire sortir sur le champ, disant qu’ils devaient regagner leur hôtel immédiatement.
Il a justifié cela par une certaine loi qui interdit aux citoyens de recevoir des étrangers chez eux, s’ils n’ont pas une permission préalable délivrée par la police.
J’ai répondu que je n’avais aucune idée de cette loi, que je recevais toujours des étrangers chez moi et que personne ne m’en avait jamais parlé auparavant.
Il a insisté pour que mes invités sortent de chez moi disant qu’il devait parler avec eux. J’ai alors informé mes amis que les policiers voulaient leur parler et M Rabii s’est présenté comme agent de la police. Et après avoir présenté leurs identités, les deux avocats espagnols ont demandé des explications sur leur expulsion de chez moi et demandé s’il leur était interdit de visiter d’autres maisons.
En réponse, Rabii leur a expliqué qu’il leur était interdit d’accéder a toutes les maisons sans autorisation du service des étrangers à la wilaya de sûreté.
Quand les avocats ont quitté la maison pour rejoindre l’hôtel Rabii m’a menacé et m’a dit que si jamais je recevais encore des étrangers chez moi, je serais condamné.
En ma qualité de défenseur de droits humain, je dénonce ces pratiques qui visent à entraver nos libertés par la force, et toute la campagne répressive qui touche les défenseurs de droits humains au Sahara Occidental.
