Nouvelle intimidation contre Mr. Ennaâma ASFARI
01/06/2008 | Lettre d'information
Le défenseur sahraoui des droits humains, co-président du CORELSO (Comité pour le respect des libertés et des droits humains au Sahara Occidental, Mr. Ennaâma ASFARI, a fait avant-hier, vendredi 30 mai 2008, vers 15h : 00 GMT, objet de nouvelle intimidation de la part des gardiens de la prison Boulemharez de Marrakech. Mr. ASFARI a été surpris d’une visite brusque et violente à sa cellule par les gardiens de la prison qui ont pris tout ce qui était en sa possession. Mr. ASFARI ignore la raison de cette intervention brutale et la confiscation de tout ce qui était en sa possession.
Nous rappelons que Mr. ASFARI, qui sera jugé en appel le mardi 2 juin 2008, avait été arrêté le 13 avril 2008 à Marrakech. Après divers lieux de détentions où il a subi des mauvais traitements, il a été présenté au procureur le 15 avril et est détenu depuis le 17 avril 2008 à la prison Boulemharez de Marrakech. Le lundi 28 avril 2008 Mr. ASFARI a été condamné à deux mois de prison ferme et une amende de trois milles de dirhams (3.000.00) par la cour de première instance de Marrakech sur la base des charges suivantes :
- Conduire en en état d’ivresse
- Possession d’une arme blanche (un couteau)
- Avoir frappé à l’œil une automobiliste suite à un accrochage de la voiture.
Mr. ASFARI, lors du procès en première instance, a précisé l’aspect politique de son jugement et a réfuté les accusations de la cour comme il a maintenu qu’il a été détenu sur la base de ses positions politiques en relation avec le conflit du Sahara Occidental.
La défense de Mr. ASFARI, lors du procès en première instance, a mis l’accent sur les violations du Code pénal marocain qui garantit au détenu le droit de prévenir immédiatement un membre de sa famille (ce qui n’a pas été fait dans le cas de Mr. ASFARI) et la protection de l’intégrité physique des détenus (Mr. ASFARI a été tabassé avant de le mettre dans la voiture des policiers qui l’ont arrêté et a été torturé dans un lieu inconnu et on ne lui a pas permis de voir un médecin). La défense a également souligné les contradictions entre le témoin et la plaignante et a mis l’accent sur l’absence de preuve (la plaignante a nié avoir vu Mr. ASFARI avec un couteau, aucune analyse médicale n’a été effectué pour prouver l’état d’ivresse).
