Témoignage de Kalthoum Lbsair, victime de brutalité policière marocain

21/07/2010 | Témoignage

Kalthoum Lbsair
Témoignage
Nom : Kalthoum Lbsair
N CI : ST 190516
Adresse N 51 hay Salam
Smara – Sahara Occidental

Je suis arrivée à El-Aaiun, dimanche matin 18 juillet avec un grande taxi en provenance de la ville du Smara.

Je voulais venir à la réception d’accueil de la délégation de militants des droits de l’homme qui revenait d’une visite au camps de réfugiés Sahraouis en Algérie..

J’ai fait une pause dans la maison de mon oncle au quartier Al’Ina’ach.

A environ 18h je suis allée dans la maison de Othman N’dour, un membre de la délégation, où sa famille recevait les sympathisants dans une cérémonie donnée pour l’occasion.

Quand je suis arrivé au Boulvard de Boukraa, j’ai été surprise de voir des dizaines de voitures de police qui encerclaient la maison de la famille de Mr. N’dour. Il y avait aussi des dizaines d’éléments en civil, pour les différentes agences de sécurité et d’intelligence marocaine.

Comme il y avait beaucoup de policiers marocains visiblement agressifs, j’ai décidé d’aller dans la maison de membre de ma famille pas loin du lieu de réception.

Une heure après, nous avons entendu des cris et nous sommes sortis pour voir ce qui se passait au dehors.

Les forces de police chassaient les citoyens sahraouis dans le but de les intimider et les décourager à se rassembler devant la maison.

Je me suis enfuie jusqu’à l’avenue de Boukra’a pour attendre et voir la situation de loin. J’étais accompagnée par des dizaines de sahraouis qui attendaient l’arrivée des membres de la délégation.

Nous avons été de nouveau surpris par des patrouilles de policiers en civil qui descendaient de voiture et chassaient tout le monde.

L’un d’eux m’a frappé au nez. J ai saigné beaucoup et je suis tombée évanouie.

Quand je me suis réveillée, j’ai cherché la personne qui m’avait frappée pour savoir pourquoi il avait fait ça.

Il est avec un groupe habillé en civil et m’a insulté et m’a donné des coups, en criant des mots que ne comprenais pas.

Il m’a laissé étendue sur la route.

Un des citoyens sahraouis m’a aidé et je suis entrée dans sa maison.

Il m’a soigné comme il a pu.

Certains militants des droits de l’homme m’ont conseillés de présenter une plainte auprès du procureur général du roi du Maroc. Je ne l’ai pas fait. Les autres plaintes que j’ai posées avant ça n’ont jamais rien donné.

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