Témoignage de Mohamed Manolo, victime de la brutalité de l’Etat marocain

21/07/2010 | Témoignage

Mohamed Manolo
strong>Témoignage
Nom : Mohamed Manolo
Date et lieu de naissance : 1970 a Bir Nzaran
N. CI : Marin
Statut familial: mariée père de 4 enfants
Profession : sans
Adresse :
Dakhla- Sahara Occidental

Je suis arrivé en compagnie de mes collègues à l’aéroport de la ville de El-Aaiun, à environ huit heures du soir, le samedi 18 Juillet 2010.

Les choses ne se sont pas déroulée comme à l’habitude. Les agents du renseignement étaient déployés dans l’aéroport le temps que les autorités retardent les procédures de livraison des bagages.

Ils nous ont isolés dans une salle particulière. Nous avons ressenti ça comme une provocation.

Ils ont rallongé les procédures d’inspection. Il y avait de nombreux officiers. Ils nous ont fouillé complètement et même nos chaussures.

Ils nous ont libérés environ une heure et demi après.

Le citoyen français Mr Mahmoud Masoudi est resté l’aéroport encore plus longtemps.

A notre sortie de l’aéroport nous avons trouvé les militant des droits humains Brahim Sabbar , Hassana Alouat et Mohamed Rachid N’dour.

Ils nous ont conduit avec leur voitures vers lieu de la réception. La fête était prévue dans la maison de la famille de Othman N’dour, un des membre de la délégation.

Il y avait beaucoup de policiers dans les rues tout au long du trajet. Ils étaient encore plus nombreux devant la maison de l’accueil.

Nous sommes descendu de voiture en faisant le signe de la victoire. Des ordres ont été donnés à la police en civil qui nous a approché puis a attaqué le groupe. Ils ont frappé plus fort sur M Hasan Dah et Mm Khadjatou Lma’adal qui est tombe évanouie.

J’ai porté rapidement Mme Khaddjto Lmaadal dans la maison et j’ai essayé de la soigner. Comme Mlle Mary Salek Boudjemaa était également blessée, j’ai essayé de l’aider aussi.

Les policiers jetaient constamment des pierres sur la maison. Ils étaient venus avec une voiture pleine que nous avons vu devant la maison. Ils font toujours ça. Il étaient très nombreux.

Des pierres ont traversé la fenêtre du salon, l’une m’a frappé à la bouche et m’a fait tombé par terre.

J’ai perdu connaissance pendant de longues minutes. C’était une grosse pierre.

Quand je me suis réveillé parmi les gens de la maison, j’ai vu qu’ils utilisaient des tables en bois pour couvrir les fenêtres.

Je ne pouvais pas aider parce que je saignais beaucoup. Un de mes camarades m’a donné un turban pour arrêter le saignement.

Il m’a dit de me détendre et il m’a apporté de la glace.

Ensuite je suis allé sur le toit de la maison où se tenait la réception. Les militants des droits de l’homme prenaient la parole chacun leur tour.

Mes camarades m’ont dispensé de parler, et le militant Sidi Med Dadach m’a dit de redescendre et c’est ce que j ai fait..

Quand le dîner est arrivé, je n’ai pas pu manger.

Nous avons entendu plusieurs fois des gens crier à l’extérieur, mais nous ne savons pas la raison.

Nous avons ressenti une grande pression psychologique à cause de ça. Il y avait de plus les rumeurs qui circulaient dans la maison et prétendaient qu’un policier avait été poignardé par l’un de ceux qui étaient présents. Et pour cette raison les autorités marocaines allaient donner l’assaut à la maison pour l’arrêter le délinquant.

Ensuite, J’ai pris la décision de sortir en compagnie de Hassan Dah , Bachir Khada , Mohamed Ali Sidzine et de partir.

Une fois que nous sommes sortis, ils ont nous arrêté insultés et frappés.

Les policiers ont emmené Mr Hassan Dah dans l’une des voitures de police.

Pendant une heure et demie ils nous ont interroges frappés avec des gifles et des coups de pieds avant de nous libérer.

ASVDH, El Aaiun, Le 21 juillet 2010

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